Alex Garland (devs)
FX

Le réalisateur décrypte sa dernière création SF.

Attention spoilers si vous n’avez pas vu les huit épisodes de Devs. 

Pour son premier passage dans le monde de la série, Alex Garland est resté fidèle à lui-même. A l’image de Ex Machina, Devs (diffusée sur FX et Canal + en France) est une oeuvre de science-fiction philosophique qui cherche à interroger l’humain à travers l’essor des nouvelles technologiques. En l’occurence, un ordinateur quantique à la puissance de calcul si énorme qu’il est capable de modéliser tout ce qui s’est produit dans le passé, mais aussi de "prédire" l’avenir avec une acuité apparemment sans failles. On apprend d’ailleurs dans le final que Devs n’est en fait pas le diminutif de développeurs mais "Deus" (Dieu en latin où le "V" se confond avec "U"). Ce qui renforce le lien avec Ex Machina

Comme l’explique Katie (Alison Pill) lors de son face à face avec Lily, contrairement à ce nous sommes tentés de penser, toutes nos actions sont en réalité prédéterminées. Tout a une raison (bonne ou mauvaise). Or, si nous vivons dans un monde sans choix, quelle différence y a-t-il avec une simulation informatique ? C’est en partant de cette conclusion que Foster (Nick Offerman) accepte de mourir et d’être "réincarné" dans Devs, où il peut retrouver sa femme et sa fille, morte dans un accident de voiture quelques années plus tôt, qui a été recrée par le programme. 

Si le final de la série est assez clair, on s’interroge tout de même sur la façon dont on doit l’interpréter. Est-ce une fin heureuse ou tragique ? Le cast lui-même semble divisé sur la question, comme Sonoya Mizuno, dont le personnage meurt également, et retrouve Jamie (Jin Ha) dans la simulation. Interrogé par SyFy, Alex Garland assure pour sa part que le dénouement est positif :

 

Devs
FX

"Je crois qu’il y a de l’optimisme. C’est blasé, mais il est aussi vrai qu’on vit dans état incroyable dissonant entre la science, les implications philosophiques de la science, nos vies, nos intuitions à propos de nos vies, et nos intuitions à propos du monde. La dissonance principale étant que la façon dont le monde fonctionne réellement ne correspond à nos perceptions et nos intuitions. Et nous sommes constamment surpris et meurtris, consciemment et inconsciemment, par cette dissonance. 

Mais il y a quelque chose qui surpasse tout ça, ou en est la constance, et c’est l’amour. Donc dans cette histoire l’important ce sont les relations qui lient les personnages, quelque soit le paysage autour. Il y a cette relation entre Lyndon, un jeune homme prodigieusement talentueux, et ce vieil ingénieur informatique, Stewart. (…) Et le SDF, qui n’en est pas un, est motivé par son amour pour Lily. Sans que ce soit un amour romantique.  

Et l’amour qui est derrière tout ça, c’est celui de Forest pour sa fille, et celui de Lily pour Jamie. Et celui de Jamie pour Lily. On en a beaucoup parlé. On discutait souvent des relations avec les membres du casting. Que ce soit l’amour platonique ou non-platonique et des différentes formes qu’ils peuvent prendre. Une chose importante avec le personnage de Jamie, par exemple, c’est qu’aucune de ses actions sont transactionnelles (…).

Donc au final, c’est optimiste selon moi parce que ça reconnait que c’est ce qui est important pour nous. Le monde peut être contre-intuitif et dissonant, difficile et bouleversant et effectivement rempli de tragédies. Mais ce truc est bon".