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La créatrice, Marie Roussin et deux élèves du casting nous racontent leur voyage dans le temps, dans ce lycée des 60's.

Alors qu'ils étaient eux mêmes des lycéens modernes et connectés il n'y a pas si longtemps, Lula Cotton-Frapier et Nathan Parent ont rangé leurs smartphones pour retourner sur les bancs de l'école des années 1960, dans Mixte, la nouvelle série originale française d'Amazon Prime Vidéo, lancée ce lundi.

Pendant les 5 mois qu'a duré le tournage, les deux jeunes comédiens se sont ainsi appelés Annick et Henri, au milieu des Jean-Pierre, Simone et autre Michèle. Un choc de génération qu'il a fallu digérer notamment pour Nathan Parent, qui nous confie avec un grand sourire : "Annick, c'est le prénom de ma mère ! Donc la première fois que j'ai dû dire dans la série que j'étais amoureux d'Annick, j'ai ressenti comme un petit choc... Il a fallu passer outre."


Autre époque, autres prénoms, autres moeurs, mais dans le fond, les choses n'ont pas tellement changé, estiment les deux acteurs âgés de 22 et 25 ans : "Les adultes, les profs, les encadrants sont plus lissés dans leurs paroles. Ils sont sûrement moins cashs aujourd'hui. Mais les conversations n'ont pas tellement changé parmi les élèves actuels. Ca parle toujours de sexe, de désir, de filles etc. L'évolution n'est pas si folle. Les remarques sexistes que les garçons disent aux filles dans Mixte, on les retrouve dans la vraie vie d'aujourd'hui", estime Nathan Parent, validé par sa camarade de jeu : "Oui, il y a encore aujourd'hui les mêmes sujets tabous, comme celui de la masturbation féminine qu'on aborde dans l'épisode 2 par exemple. C'est très compliqué d'en parler aujourd'hui encore. Que ce soit à la maison ou même avec ses amies. Pour les garçons, c'est beaucoup plus acceptable, mieux accepté. C'est presque vu comme une forme de virilité. Ca, ça n'a pas trop évolué..."

A l'origine de Mixte, il y a la scénariste des Bracelets Rouges de TF1, Marie Roussin, qui a vécu elle aussi le même genre de choc garçons / filles que ses héroïnes. Elle nous explique en effet avoir été scolarisée dans une école de garçons, quand elle était gamine : "C'était dans les années 1980, dans l'un des derniers bastions réac privé de mon département, qui tolérait la présence des filles des profs de l'établissement et les petites soeurs des garçons déjà inscrits. Du coup, j'ai vécu moi-même certaines choses que je fais vivre à mes personnages. Mes parents ont trouvé ça plus pratique de nous mettre ensemble dans la même école. Mais clairement, ils n'auraient jamais fait l'inverse et mis mon frère dans une école de filles !" Et c'est en tombant un jour sur un article "racontant la fierté d'un lycée à avoir été le premier lycée mixte de tout son département, au début des années 1960", que cela a fait tilt chez Marie Roussin :

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"Je ne connaissais pas du tout cette histoire d'arrivée de la mixité dans les établissements. J'ai fais des recherches et j'ai été très surprise. Des pour et des contre, pour des raisons tellement différentes. Par exemple, certains voulaient la mixité, pour prévenir les "amitiés particulières" entre garçons, c'est à dire l'homosexualité. Tout m'a étonné en me replongeant dans ce passé. Et d'ailleurs aucun des deux camps n'a vraiment gagné. La mixité s'est imposée en réalité de manière pragmatique, parce que les Baby Boomers arrivaient en nombre sur les bancs de l'école. Ce n'était simplement plus gérable d'imaginer séparer les deux sexes. Du coup, c'est une chose qui s'est imposée, sans avoir été pensée réellement." 

Mixte se replonge ainsi dans l'époque de nos parents et de nos grands-parents avec une certaine jubilation, sans pour autant se limiter à l'aspect teen : "Parce qu'on ne parle pas seulement du point de vue des ados. On a des personnages adultes, qui ont leurs enjeux à eux. Qui ne sont pas seulement les parents des personnages. C'est crucial d'avoir aussi leur point de vue sur ce passage à la mixité, comment ils l'ont vécu", insiste Marie Rousin. Et Lula Cotton-Frapier de souligner : "La série ne s'adresse pas seulement à la jeune génération. Je me sens concernée en tant que jeune fille de 20 ans. Mes parents se sentent concernés également. Et mes grands-parents aussi."